mercredi 24 décembre 2008

Bientôt... le départ


Le projet qui m’anime depuis plusieurs années déjà est en voie de se concrétiser. Animée d’un espoir certain, d’une naïveté peut-être, je souhaite à travers ce périple alimenter ma réflexion concernant certaines questions qui, jusqu’à présent, sont demeurées en suspens. Faute de temps, certainement, de solitude, sans doute, il semble que j’aie oublié de m’arrêter quelques instants pour réfléchir et vivre, tout simplement. Loin de moi l’idée de revenir transformée, et encore moins illuminée. Non, il est plutôt question de revenir satisfaite des expériences que j’aurai eu la chance de vivre, quelles qu’elles soient. Les quelques mois qui viennent de passer, et les autres à venir, servent à me prouver qu’il m’est possible de suivre une autre voie que celle qui m’était tracée d’avance. Certes, cette nouvelle route risque d’être sinueuse, cahoteuse, pénible parfois. Il m’arrivera d’avoir froid, d’avoir faim, d’avoir mal. Il me faudra apprendre à lâcher prise, à faire confiance, à me faire confiance.



Au terme de cette parenthèse, je compte bien reprendre le cours normal de mon existence et retrouver la passion pour ce qui, dernièrement, m’avait déçu. Il est difficile pour moi de n’exiger rien d’autre que la perfection. Par mon métier, je suis constamment amenée à repousser les limites, ce qui, parfois, entre en contradiction avec ma définition de ce que veut dire «vivre dignement». Les questions sont esquivées, seules les réponses – et les bonnes il va s’en dire – sont tolérées. Devant les avancées majeures dans mon domaine, je me suis demandé si nous n’avions pas oublié que la maladie, la souffrance et la mort, font d’abord partis de la vie. À trop vouloir les combattre, nous en avons fait des monstres. Plutôt que de les voir comme des échecs, j’aimerais réapprendre à les apprivoiser. En effet, et depuis fort longtemps, l’humain trouve en lui la force d’affronter ce qui devrait être pour lui la pire des catastrophes : il a conscience de sa propre mort. Il parvient néanmoins à se trouver des raisons de vivre, à donner un sens à son existence devant la seule des certitudes. De là émerge mon questionnement à savoir si la religion, sous toutes ses formes, ne pouvait pas être une des sources de ce puissant désir de vivre. Au contact d’autres cultures, où le temps n’a plus la même signification, j’espère trouver une source d’inspiration pour ce que sera, en quelque sorte, la deuxième partie de ma vie.


C’est en toute modestie que je vous invite à partager avec moi cette aventure. Régulièrement, je compte utiliser ce médium comme carnet de voyage, lequel sera agrémenté de quelques photos. Vos commentaires sont bien sûr les bienvenus. De plus, une chanson qui m’aura inspirée sera offerte à quelqu’un. C’est que la musique fait partie du bagage que l’on amène avec soi lorsque nous partons, parce qu’elle fait resurgir une foule de souvenirs.


Les photos qui apparaissent présentement sont celles de ma dernière expérience en Inde. Je m’y étais rendue à l’été 2001 accompagnée de mes deux bonnes amies, Carine et Roselyne. Et, la première chanson s’adresse à tous ceux que je laisse derrière. (The Great Escape, de Patrick Watson :


(Extrait du texte « Sans bout du monde »)


Vient le jour où l’on quitte la gare.
Enfermé depuis toujours, on cesse soudain
de chercher des abris.
On lâche les amarres.
Tout s’allège et le ciel s’entrouve.

Alors, plus nue de n’avoir jamais été nue,
notre âme écoute pour la première fois
son silence intérieur.


Dans ce passage, Hélène Dorion fait, à mon avis, référence au plus long des voyages, mais il m’a tout de même fait réfléchir quant au mien, quoique beaucoup plus court…