Bien évidemment, je préfère cette situation à celle d'un amerissage forcé dans le lac Michigan, assise en amazone sur une aile d'avion, les deux pieds dans la flotte (faisant reference ici aux evenements de la semaine derniere a New York). De plus, la perplexité de mon père au bout du fil était palpable quand je l'ai appelé "à frais viré" et lui ai dit: "Papa, j'ai changé d'idée... Viens me chercher!" Sa reaction valait bien ce petit contre-temps. D'ailleurs, je tiens à remercier mes parents pour leur aide. Désolée de vous avoir fait lever deux nuits de suite à 2h30 à -75 degré Celius / + le facteur vent, et de vous avoir fait subir deux fois plutôt qu'une l'étape des aurevoirs.
Je suis arrivée maintenant et bien des choses m'etaient familieres. D'abord, il y a cette foule á notre sortie de l'aeroport qui, malgre le fait qu'il soit minuit le soir, nous accueille en rock star. Il y a egalement la chaleur accablante. Puis, il y a des odeurs et des sons qui n'evoquent encore rien de connu. Une chose etait nouvelle : je suis seule avec mon instinct pour gerer la situation. Me voilá donc, quelques heures plus tard, le ventre plein, une bouteille d'eau á la main, de l'argent cambodgien dans les poches et un billet qui m'emmenera demain matin en bateau vers Siem Reap et le temple d'Angkor. Je declare donc l'etape numero 1 : reussie !


Aujourd'hui, ma chanson est pour Isabelle et Denis, pour la mer, la neige, le calme et l'espoir. Le vidéo est également en lien avec ma réflexion des dernières semaines. Il est en continuité avec le rituel que nous avons entamé Isa et moi sur le bord du fleuve. Ma réflexion s'articule autour du thème de la trahison. Si l'on parvenait à dresser une liste exhaustive des pires châtiments du monde, elle figurerait sans doute dans les premiers rangs. Cependant, je suis forcée d'admettre que je n'ai aucune emprise sur elle. Elle me glisse entre les doigts. Je n'ai de pouvoir que sur ma colère et ma rage, des poisons tout aussi puissants qui, à chaque jour, à chaque heure, me rongent et me brûlent. Quand j'écoute cette chanson et que je regarde ces images, j'imagine mes venins s'envoler loin, à des années-lumières d'ici.


