samedi 16 mai 2009

Om Mani Padme Hum


Il s'agit du mantra offert a Avalokiteshvara, le Bouddha de la compassion. Le Dalai-Lama, ses predecesseurs et les autres qui lui succederont, en sont la reincarnation.


J'ai passe les dix derniers jours en silence au Tushita Meditation Center qui surplombe les montagnes entourant Dharamsala. J'y ai suivi un cours d'introduction au bouddhisme tibetain.

Interdiction de communiquer donc, mais aussi interdiction de quitter la propriete, d'ecouter de la musique, de dessiner, de prendre des photos (c'est pourquoi elles sont peu nombreuses cette semaine). L'acces a l'eau etant limite, nous sommes rationnes quant au nombre de douches que nous pouvons prendre.

Jour 1-2-3 : Je trippe. Quelle e
xperience extraordinaire ! Ainsi restreint dans nos activites et nos deplacements, chaque detail devient le centre de notre attention. Un son, une odeur, une saveur, une sensation qui aurait normalement passe inapercu, est tranquillement integre. C'est un tres bon moyen pour apprendre a vivre et apprecier le moment present.

Jour 4 : Je prends conscience qu'un poids me pese. Je ressens une lourdeur, quelque chose m'incommode. Je tente d'identifier la source de ce malaise. Voila quatre mois que je suis partie. J'ai maintenant beaucoup de temps libre pour penser a mes proches, ma famille, mes amis. Je m'ennuie. J'ai hate de les revoir. Ce n'avait jamais ete aussi present qu'en ce moment, aussi clair. Par contre, de toute evidence, il y a autre chose.


La seance de meditation du soir porte sur le theme de la compassion et du pardon. Le professeur installe au tableau l'image d'Avalokiteshvara et ecrit les mots Om Mani Padme Hum juste au dessus. Apres les quelques minutes habituelles passees a prendre conscience de notre respiration, nous commencons a visualiser le reflet d'une personne qui, dernierement, nous a fait souffrir. Nous nous laissons submerger par l'amour que nous lui portons, malgre tout. Nous lui demandons pardon pour lui avoir souhaité malheur, et pour les choses blessantes que nous lui avons dites. Nous lui souhaitons maintenant d'etre heureux, sincerement. Enfin, nous lui accordons notre pardon, avant de le laisser partir, tout doucement.

Je suis envahie d'une grande chaleur. Pour la premiere fois, mes jambes, mes genoux, mon dos, mes epaules, ne me font plus souffrir. En fait, je ne sens plus mon corps, et je ne peux retenir mes larmes.

A plusieurs reprises, nous recitons le mantra adresse au Bouddha de la compassion. Un mantra est cense procurer de l'energie a celui qui le recite en raison de la vibration interieure qu'il provoque. Il interpelle egalement la deite a qui il est dedie et l'apaise.

C'est vraiment beau, vraiment puissant. Je me sens soudainement plus legere, en paix. Je suis liberee.


Pour terminer....

Tu en auras peut-etre pas connaissance, probablement pas en fait, mais ma chanson cette semaine est pour toi Alain. Ca aura pris des mois pour que les bons souvenirs que j'aie refassent surface. Parmi ceux-la, il y a la musique. Bien sur... Comment ai-je pu oublier ? Il y en avait tout le temps chez nous. Dans le salon, dans la cuisine, dans la chambre, dans l'auto. Tu buvais les paroles, respirais les refrains et etais toujours a la recherche de la perle rare.
Je me rappelle parfaitement bien la chanson qui jouait dans ta voiture la derniere fois que nous avons ete ensemble. (Il s'agissait de la chanson "Comme des enfants" de Coeur de Pirate).

Pour cela, et d'autres choses encore, tu me manques.